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Une sélection d'images extraites des 2000 photos présentées ici.
Une cinquantaine d'images pour décrire le rallye
Un rallye, ce sont aussi des hommes pour organiser et assister. Quelques photos pour parler d'eux.
Des français sont partis d'Oslo. C'est unique, mais en plus ils se sont engagés avec une Citroën 2CV!
De la Norvége à la France, le parcours de concentration de 2262 km accompli par les 19 concurrents partis d'Oslo.
Tous les concurrents en photos. Enfin presque tous parce qu'ils étaient 315 au départ de 5 villes d'Europe.
Participer à ce rallye est déjà une certaine performance, mais arriver sur le port de Monaco avec une Opel Commodore Coupé de 1968, un peu du type bateau, c'est réellement un exploit.
Juste pour le fun, la vision de la course écrite par une voiture, en l'espèce celle d'une équipe de photographes.

10e rallye historique de Monte-Carlo / Unique dans l'histoire du rallye: une 2CV monégasque part d'Oslo
1- Oslo-Hambourg 961 km

Depuis que le rallye de Monte-Carlo s'est dotée d'une version historique, les grands principes de ce qui a fait la légende du Monte-Carlo ont revu le jour. Notamment le parcours de concentration et les villes-départ réparties un peu partout en Europe. Reims, Barcelone, Turin, Monte-Carlo, et à tour de rôle Copenhague et Oslo. A l'occasion de cette dixième édition de l'épreuve historique, c'est Oslo qui sert de base de départ. Ils sont donc 19 à s'élancer de la capitale norvégienne pour un périple du Nord au Sud de l'Europe de 2.261,5 km (lire ici le compte-rendu des concurrents norvégiens)
Parmi ces 19 voitures, une vient de Monaco, celle de l'équipage Patrice Pastor et Frédéric Bernascon. Il s'agit d'une Citroën 2CV de 1974. Une voiture pas franchement taillée pour ce genre d'exercice mais qui a effectivement participé au rallye dans les années 60 et que Patrice Pastor connaît bien puisqu'il a déjà disputé trois fois le rallye historique au volant d'une 2CV. L'an passé, il avait dû abandonner sur casse moteur, mais cette année, il est bien décidé à aller jusqu'au bout, même si le parcours Oslo-Saint-Etienne, qu'il découvre, ne sera pas une simple balade bucolique à tarvers la moitié de l'Europe. Pour Frédéric Bernascon, c'est une première. Son engagement dans le rallye s'est fait au dernier moment et quand son ami et patron, Patrice, lui a proposé de le copiloter, il n'a pas hésité une seule seconde.
Patrice et Frédéric arrivent donc à Oslo, par avion, l'avant-veille du départ. La voiture est partie de Monaco en camion et doit être récupérée chez le transitaire à Oslo. Oslo est une ville gigantesque. Quoique situé à 15 km de l'hôtel où ils logent, le transitaire se trouve toujours sur le territoire de la commune d'Oslo. S'y rendre sera une simple formalité: le GPS est un accessoire très utile quand on ne connaît pas les lieux et que l'on ne parle pas la langue, et la circulation à Oslo, quoique parfois dense, reste toujours très fluide.

Dans un hangar chauffé, Patrice découvre sa 2CV plus qu'il ne la retrouve. Il vient en effet de l'acquérir et en inspectant le véhicule avant de signer la décharge de livraison au transitaire, il constate que la grille de calandre n'est pas d'origine. Cela ne change rien à l'affaire. La voiture démarre au quart de tour et rien ne manque à l'intérieur car la voiture a transporté tout le matériel nécessaire au rallye. On notera deux duvets. En effet, le chauffage d'une 2CV n'est pas franchement adapté au climat scandinave, et même si les normales saisonnières ne sont pas au rendez-vous cette année en Norvège, il fait 6° en dessous du zéro ce matin-là et jusqu'à moins 10° en campagne. Durant le trajet, les deux hommes escomptent se glisser dans les duvets en cas de froid par trop polaire!

une Citroën 2CV de 1974

De quel autre équipement est dotée la Deuche pour affronter ce Monte-Carlo historique? Aucun. La voiture est strictement de série. Quant à chausser des chaînes en cas de chute de neige importante, la réponse sort, cinglante, de la bouche du pilote: "Des chaînes? Jamais!". La préparation physique pour affronter une première étape de plus de 2200 kilomètres? Aucune. Les deux amis sont même partis du principe qu'ils quittent Oslo pour un trajet sans une minute de sommeil jusqu'à Saint-Etienne! Certains tentent de leur expliquer qu'il y a moyen de dormir quelques heures avant le contrôle horaire de Hambourg, mais ils ne veulent pas en entendre parler: "Nous nous sommes préparés psychologiquement à ne pas dormir jusqu'à Saint-Etienne et nous ne voulons pas de faux espoirs" explique Patrice. Ambiance ...
Seule entorse à l'origine: l'ajout de deux petits longues portées rectangulaires à l'avant, au dessus du pare-chocs. Et la pose d'un autoradio lecteur MP3 pour meubler les longues sections autoroutières du parcours de concentration.
Autre point important à retenir: Patrice et Frédéric disputent ce rallye sans aucune assistance de quelque type que ce soit, contrairement à beaucoup d'autres concurrents qui, pour terminer, placent toutes les chances de leur côté. Un cric et une roue de secours dans la voiture, un jerrican d'essence de 25 litres, un bidon d'huile et c'est tout. Pas de penus cloutés sur une voiture suiveuse, pas de caisse à outils, rien. L'aventure au 21ème siècle, ça existe encore.

En attendant le départ prévu dans un peu plus de 24 heures, il faut sortir la 2CV du hangar où elle dort. C'est là que l'affaire se complique un peu car il n'y a pas de rampe pour que la voiture descende. Comment est-elle montée? Eh bien, en sortant du camion qui est venu se mettre à quai. Il faut donc utiliser un transpalette! Pour qui n'a jamais vu une voiture descendre un quai via un chariot élévateur, l'opération a de quoi surpendre. Mais l'interlocutrice norvégienne et les deux manutentionnaires semblent sûr de leur affaire, même si au vu de la préparation, c'est visiblement la première fois qu'ils réalisent l'opération ...
Les deux manutentionnaires commencent par empiler deux palettes sous la voiture et ajoutent de la mousse repliée pour protéger la ligne d'échappement et le pot. L'inquiétude se lit sur les visages du pilote et du copilote, mais il faut bien descendre la voiture en l'absence de grue ou d'autre possibilité. Donc, on laisse l'opération se faire.

Les deux manutentionnaires commencent par empiler deux palettes sous la voiture et ajoutent de la mousse repliée pour protéger la ligne d'échappement et le pot

Une 2CV en haut d'un monte-charge, situation pour le moins étonnante!

Les minutes sont longues mais en réalité l'opération ne prendra que 10 minutes entre le moment où Patrice est venu garer sa voiture le long du quai et le moment où la 2CV retrouvera le plancher des vaches et ... la neige. Une neige tombée en quantité importante sur la capitale norvégienne deux jours plus tôt. A 08h46, Patrice peut démarrer et quitter les entrepôts du transitaire. La 2CV effectue ses premiers centaines de mètres en Scandinavie.

Retour avec le plancher des vaches. Et la neige.

Premiers tours de roue en terre scandinave au mileu d'un parc de camions.

La voiture rejoint sans encombres le Scandic Hôtel, le lieu où se déroule à Oslo tout ce qui a trait au Rallye historique de Monte-Carlo et au sport automobile en général car l'hôtel a été construit en 1907 par l'automobile club norvégien, le KNA. "Rejoindre sans encombres" en Norvège nécessite cependant quelques précautions. En ville, la vitesse est strictement limitée à 30 km/h, 50 km/h en agglomération et 100 sur autoroute. Tout dépassement de plus de 50 km/h de la vitesse autorisée entraîne l'annulation du permis de conduire et une semaine de prison. En cas de léger dépassement de vitesse, les forces de l'ordre vous présentent le sabot pour payer immédiatement l'amende par carte bleue. Dans le cas contraire, c'est 24 heures de prison. Un homme averti en valant deux, la 2CV respecte donc scrupuleusement les limitations.
Dernier détail: pour entrer dans Oslo, il y a un péage de 20 couronnes norvégiennes (le pays n'est pas encore à l'heure de l'euro). Il y a les voies avec péage automatique pour les abonnés (où l'on passe à 50 km/h), celle avec des piéces et celui avec un guichetier. Une erreur de compréhension dans la circulation fait que la 2CV passe par le péage automatique... sans acquitter les 20 couronnes. Ça commence bien. Heureusement, Patrice apprendra le lendemain soir que les caméras de surveillance ne traquent pas les étrangers indélicats.

Au programme de la journée: contrôle technique à midi et contrôle administratif en fin d'après-midi. A Oslo, tout est fait pour contrarier la circulation automobile et favoriser les transports en commun. Les stationnements sont hors de prix et tout dépassement est immédiatement sanctionné. Circuler en ville est donc assez difficile, surtout quand il vient de neiger et que les plaques de glace sont légion. Trouver le lieu du contrôle technique est donc assez difficile, même s'il s'agit d'un parking public car il est impossible de circuler facilement compte-tenu des sens interdits omniprésents. Mais quand de surcroît, on oublie de vous préciser que le parking est en sous-sol, alors là, vous cherchez longtemps. Heureusement, tous les Norvégiens parlent anglais et la 2CV rencontre un autre concurrent, une Lancia Fulvia, qui lui permet de trouver le lieu du contrôle technique, au 3ème sous-sol du centre commercial Aker Brygge.
Formalité simple pour la 2CV. Il suffit de coller les numéros de portières, les stickers du sponsor, ceux de la ville de départ et trente minutes plus tard, l'auto peut rejoindre le parking de l'hôtel Scandic, formalités techniques réglées. Les formalités administratives ne sont pas plus contraignantes. En fin d'après-midi, une réunion avec le relais local de l'ACM à Oslo, Monty Karlan, et les autres concurrents permet de préciser les points de CH et de CP que les équipages doivent passer avant d'atteindre Saint-Etienne. Huit CH et 5 CP jalonnent les 2.261,5 km du parcours de concentration. Plans et copies de cartes sont remis aux concurrents. Normalement, impossible d'en louper un. Même si Patrice reconnaît avoir raté un CP sur le parcours de concentration l'an passé. Le copilote, Frédéric, qui a préparé un road-book à base de cartes agrandies avant de quitter Monaco, affine le trajet en fonction des derniers éléments remis en compagnie de l'équipe de photographes français qui accompagnent les concurrents scandinaves. Sur le papier, il est tout à fait possible de dormir plusieurs heures avant le CH de Hambourg, 961 km après Oslo. Mais Patrice et Frédéric refusent d'envisager cette solution, convaincus de ne pouvoir dormir avant Saint-Etienne.
L'organisation de Monty Karlan est parfaite et se conjugue avec le centième anniversaire du KNA. Un dîner réunit tous les concurrents à l'hôtel Scandic, mais la nuit sera courte car la télévision locale prévoit les interviews dès 06h30 le lendemain matin! Patrice négocie pour être le dernier à passer, à 08h30, car il tient à cette dernière nuit, convaincu qu'il est qu'il ne reverra pas le sommeil avant Saint-Etienne.
D'interview télévisée, il n'y aura pas pour l'équipage monégasque: leur nuit sera si longue que la télé norvégienne n'aura pas la patience d'attendre une heure de plus que l'heure programmée. D'ailleurs, Patrice et Frédéric iront jusqu'au bout de ce qu'ils peuvent engranger comme sommeil. Ils seront les derniers à sortir de l'hôtel et les derniers à se présenter au parc de départ.

Frédéric, le copilote, tout sourires à 30 mn du départ.

Au pied du KNA Scandic Hotel, une centaine de personnes est venue applaudir les concurrents. Patrice a colmaté la grille du radiateur de la 2CV afin d'éviter la déperdition de chaleur durant la première partie du parcours (il fait -5° ce matin-là). Et pour se prémunir du froid dans la voiture, les deux hommes ont enfilé pantalons de skis, après-skis et pull polaires.

Pour se prémunir du froid dans la voiture, les deux hommes ont enfilé pantalons de skis, après-skis et pull polaires

Sous les applaudissements de la foule, la 2CV monégasque est la troisième voiture à s'élancer. Avec un hôte de marque pour donner le départ, le Norvégien Henning Solberg que l'on voit en WRC au volant d'une Ford Focus (Henning est le -grand- frère de Peter Solberg).
Sa présence doit intimider l'équipage de la Citroën: la voiture cale au démarrage! Ça fait bien rire les spectateurs et ça fait bien "couleur locale" de la Deuche. Coup d'accélérateur rageur du pilote qui s'élance en faisant patiner les roues. C'est parti pour une première étape qui va les conduire à Trollhattan, 260 km plus loin en Suède.

Et c'est parti pour un parcours de concentration de plus de 2200 km

La première partie de l'étape pourrait s'apparenter à une promenade on ne peut plus simple: on prend l'autoroute dès le centre d'Oslo sur près de 100 km, puis une route nationale de belle facture jusqu'à Trollhätan en Suède. Contrairement à la majorité des autres concurrents qui décident de ne pas prendre l'autoroute pour éviter une zone de travaux en fin de parcours, la 2CV suit la E6 indiquée sur le road-book. La route est dégagée, sans neige, et la voiture tient facilement un 90-100 km/h. Impossible d'aller plus vite pour deux raisons: c'est le maximum de la voiture et c'est la vitesse limite que tous les Norvégiens respectent scrupuleusement. Avec une température extérieure de -10° et proche du zéro dans la voiture, les combinaisons de skis se supportent aisément.
La route nationale déviée à hauteur de Munkedal entraîne un détour dans les campagnes valonnées et enneigées de Suède. Mais pas le temps pour l'équipage monégasque de savourer les paysages. Comme la déviation n'est pas clairement fléchée, la 2CV fait 40 km de plus que le parcours initial. Mais moins que le détour fait par les autres concurrents qui ont parfois roulé 60 km de plus. Tout le monde pointe néanmoins à l'heure au Saab Museum de Trollhätan, une ville qui abrite les usines Saab. La 2CV est une des dernières voitures à parvenir au CH: l'équipage a fait un arrêt au McDonald's local pour se sustenter car il ignorait qu'un repas leur était offert par l'antenne locale de l'Automobile club suédois.

Il est 16h23 quand la Citroën repart pour Hambourg, lieu du prochain CH, 701 km plus au sud. Il fait déjà presque nuit à cette époque de l'année en Scandinavie. La température est de -8°. Le bonnet est de rigueur dans l'habitacle de la Citroën.

Il est 16h23 quand la Citroën repart pour Hambourg, lieu du prochain CH, 701 km plus au sud

En début de soirée, la première partie du tronçon se déroule à train de sénateur: c'est une route nationale, partiellement enneigée, limitée à 70 km/h jusqu'à Göteborg. Puis ensuite une section autoroutière jusqu'à Helsingborg, limitée à 110 km/h.
Sur la route, le temps est sec avec quelques flocons épars mais le froid est très vif. A Göteborg, il fait -10°, moins 12° à Varberg et le thermomètre descend jusqu'à -14,5° à Halmstad à 19h10, une ville pourtant située au bord de la mer! La température dans la 2CV flirte avec le zéro et les équipements de grand froid sont plus que nécessaires. La 2CV, vaillante malgré ces températures polaires, tient impertubablement un 90 de moyenne sur l'autoroute.

Prochainement, la suite du récit de cette voiture dans la 10ème édition du RHMC ...

 



A 22h55, entrée sur le car-ferry à Rødbyhavn au Danemark, pour passer en Allemagne.

 au Danemark et Puttgarden en Allemagne

 

Vérification du niveau d'huile moteur avant d'embarquer pour l'Allemagne le jeudi 25 vers 23h10.
Vérification du niveau d'huile moteur avant d'embarquer pour l'Allemagne le jeudi 25 vers 23h10.

Une 2CV sur le circuit de glace de Serre-Chevalier.
Une 2CV sur le circuit de glace de Serre-Chevalier. Peut-être pas la voiture la mieux adaptée mais une gigantesque
partie de plaisir pour son équipage.

Sur le port de Monaco, le 1er février au matin
Sur le port de Monaco, le 1er février au matin

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